Les dessins de Jean-Baptiste MICHEL
réalisés en 1866
 

Nous avions trouvé dans le fonds de la petite bibliothèque municipale de Mussy un livret avec des dessins représentant des vues du village de Mussy et des différents hameaux qui composaient la commune en 1866. Nous avions attribué ces dessins à Jean-Baptiste Sandre, instituteur à Mussy-sous-Dun de 1864 à 1867, comme l'affirmait une petite note au début du recueil de dessins. Grace aux archives de la famille Sandre que nous a transmis Violaine Malineau, nous avons trouvé un passage dans les mémoires de Joseph Sandre qui évoque le recueil de dessins que Jean-Baptiste Michel, son ami et camarade d'école, a réalisé et offert à son père Jean-Baptiste Sandre. Voici ce que dit Joseph Sandre à propos de ces dessins dans ses mémoires écrites vers 1910 :

« Mussy est toujours présent à ma mémoire.(...) J'ai d'ailleurs sous les yeux un album offert à mon père par Jean-Baptiste Michel, l'un des élèves de mon temps et mon intime ami de jeunesse. Dans cet album qui date de 1866, Jean Baptiste Michel a crayonné d'une façon un peu primitive et inhabile mais fidèle, la plupart des villages de Mussy ».

Nous avons mis en légende des dessins les commentaires et souvenirs de Joseph Sandre. Certains dessins représentent des vues d'Anglure, qui n'est pas encore séparée de Mussy à cette date. Ces dessins, très naïfs dans leur facture, apportent cependant des informations très intéressantes pour l'histoire de la commune. Un exemple permet de comprendre l'intérêt de ces dessins. Dans son ouvrage "Histoire et monuments de Saône-et-Loire" sur le canton de Chauffailles, Raymond Oursel parle, au chapitre sur Mussy, de la reconstruction de l'église en 1839-1840. Il cite un document du 20 décembre 1845, signé du Maire monsieur Benoît Odin où celui-ci précise que le clocher n'a pas été reconstruit, les finances de la commune étant épuisées. Le seul document écrit qui parle à nouveau du clocher est daté de 1927 et précise que le clocher a été foudroyé le 4 mai 1927. Raymond Oursel en déduit que ce clocher a été édifié entre 1845 et 1927. Aucun document écrit ne permet de resserrer cette fourchette de dates. Par contre, le dessin du village de Jean Baptiste Michel nous montre que le clocher existe entre 1866. Cela permet de resserrer la fourchette de la construction du clocher entre 1845 et 1866. D'une fourchette de 82 ans, nous passons à une fourchette de 22 ans. On peut donc affirmer que le clocher de l'église a été construit au milieu du XIXème siècle. Par erreur, Joseph Sandre parle dans ses mémoires du clocher du XIIème siècle alors que c'est le choeur et le transept de l'église qui sont de cette époque. Une copie des dessins de Jean Baptiste Michel a été retrouvée par hasard dans une armoire, dans les années 1980 et déposée à la bibliothèque.

Ce que nous savons de Jean-Baptiste Michel : il est né le 17 décembre 1849 à Mussy sous Dun au hameau du Ry.Son père, Claude Marie Michel était agé de 36ans à sa naissance et sa mère Françoise Lacombe de 35 ans. Ils étaient propriétaires-cultivateurs. Il avait un frère, plus agé de deux ans prénommé Jean-Marie. Sa mère avait été mariée une première fois et avait eu deux enfants. Jean-Baptiste fréquentait l'école de Jean-Baptiste Sandre. Celui-ci remarqua les qualités intellectuelles du Jeune fils Michel et encouragea les parents à lui faire continuer ses études. Les parents, qui avaient des moyens modestes, n'avaient pas les moyens de financer son apprentissage. Jean-Baptiste Sandre leur proposa d'assurer sa formation sans aucune rétribution. Jean Baptiste Michel vint s'installer chez les Sandre, car il résidait au hameau de Janvier très éloigné de l'école qui se trouvait au Fournay. Avec Joseph Sandre, Jean Baptiste Michel apporta son concours pour les cours d'adultes du soir. Il se destinait à l'enseignement et Jean Baptiste Sandre le préparait en même temps que son fils à passer le concours de l'Ecole normale à Mâcon.

Bientôt, de nouvelles informations...

 

Voici le bourg, assis sur une colline au pied des déclivités de Dun, avec son clocher du XIIème siècle, l'école des filles, le presbytère, et dans le lointain à gauche et à droite, des collines boisées
La Fabrique sur le chemin de Mussy à Chauffailles avec son long rideau de peupliers, au pied de hautes collines couronnées de forêts
Le Pont Chevalier, son moulin à eau et à vapeur et son verdoyant rideau de vernet
La Roche, à mi-chemin du Fournay et du bourg de Mussy. La Roche qui évoque pour moi des souvenirs aussi tendres que lointain, hélas !
(Joseph Sandre a été amoureux d'une jeune fille habitant La Roche)

Voici le Fournay où se trouvait la Maison d'école des garçons; un petit écart, sur la pente d'un colline minuscule, et ne comprenant que trois maisons, la nôtre, celle de nos bons voisins les Duvernay et celle des Gardette.

Le Mont, bien groupé dans un nid de verdure, tout à coté d'un bois.
Le hameau de la Borcelle
Les Forestiers, qui dissémine en longue ligne ses maisons dans la verdure.
L'Eglise et le presbytère d'Anglure, tout battant neufs, dominés par Dun et Dunet.
Janvier, au pied d'une colline boisée ; quelques maisons dans un bouquet d'arbres, entre autre sur la gauche l'habitation familiale de Jean-Baptiste Michel.
Les Trouillets, sur un petit plateau dominé par de longues collines boisées.
Les Granges, petit hameau noyé dans les arbres sur le flanc d'une haute colline boisée.
Abrupte avec sa cime dénudée que surmontent les ruines de son antique église, et que de loin on prendrait pour une montagne défendue par une forteresse, Dunb offre des pentes boisées du côté de Chassigny et de Varennes, tandis que les déclivités regardant Saint Racho et Mussy n'offrent que quelques végétations rabougries.


Les ruines du château d'Anglure, quelques pans de muraille émergeant des ronces et recouvertes de végétations sauvages et bizarres ; à gauche ce qui fut les communs du château, en arrière plan, une longue ligne d'arbres, l'Eglise d'Anglure, batie de notre temps ; et dominant le tout, Dun avec les débris de sa chappelle, qu'on prendrait pour un vieux donjon, et Dunet dont les crêtes boisées tranchent avec la masse dénudée de Dun, sa soeur jumelle.

Haut de la page